Phishing IA et deepfakes en entreprise : ce qui change en 2026
Phishing rédigé par IA, deepfakes vocaux et vidéo, ClickFix : ce qui change pour les entreprises en 2026, et comment adapter vos procédures et la formation.
Début 2024, un employé du bureau de Hong Kong du cabinet d’ingénierie Arup rejoint une visioconférence avec son directeur financier et plusieurs collègues. Il reconnaît les visages et les voix, répond aux questions, puis effectue 15 virements pour 200 millions de dollars de Hong Kong, soit environ 25,6 millions de dollars américains. Tous les autres participants de la réunion étaient des deepfakes (The Guardian, 17 mai 2024).
Un deepfake est un contenu audio, vidéo ou image généré ou modifié par intelligence artificielle pour reproduire la voix, le visage ou les expressions d’une personne réelle. Le mot associe deep learning (apprentissage profond) et fake (faux). L’affaire Arup marque un basculement qui concerne aussi les PME françaises : l’IA améliore chaque étape d’une attaque, de l’email initial jusqu’à l’appel qui le confirme.
Cet article décrit ce qui a concrètement changé depuis 2024 (phishing rédigé par IA, campagnes polymorphes, ClickFix, deepfakes vocaux et vidéo, outils criminels, usage incontrôlé de l’IA en interne) et la façon d’adapter vos procédures et la formation de vos équipes.
La grammaire parfaite a tué le premier réflexe de détection
Pendant quinze ans, la sensibilisation au phishing reposait sur un conseil simple : « cherchez les fautes d’orthographe ». Ce conseil ne protège plus.
Les modèles de langage actuels produisent un français impeccable, adapté au registre de l’entreprise ciblée, avec les bonnes formules de politesse et le vocabulaire métier exact. Trois contraintes qui limitaient les attaquants ont disparu en même temps.
La barrière de la langue. Avant 2023, les campagnes visant la France se trahissaient par des tournures traduites. Aujourd’hui, un attaquant installé n’importe où génère en quelques secondes un email parfait, avec les références locales (Ameli, Chronopost, ANTAI, impots.gouv.fr).
Le coût de la personnalisation. L’IA lit le profil LinkedIn d’un salarié, le site de son entreprise et ses publications, puis rédige un email qui cite son projet en cours ou son dernier déplacement. Le spear phishing, autrefois réservé aux cibles de grande valeur parce qu’il demandait des heures de recherche, devient un produit de masse.
L’arbitrage entre volume et qualité. Un attaquant devait choisir entre beaucoup d’emails génériques et peu d’emails soignés. L’IA donne les deux : des milliers d’emails, chacun personnalisé.
Les vérifications techniques gardent en revanche toute leur valeur. L’IA ne crée pas un compte légitime chez votre fournisseur, ni un domaine identique au sien : l’adresse de l’expéditeur, le domaine réel des liens et le contexte de la demande restent les meilleurs indices. Notre guide pour reconnaître un email de phishing les détaille un par un.
Le phishing polymorphe : une variante unique par destinataire
Au lieu d’envoyer le même email à 10 000 destinataires, l’attaquant demande à un modèle de langage 10 000 variantes du même message. Objet, structure, formulations et signature changent ; l’objectif reste le même.
Une campagne polymorphe se déroule ainsi :
- L’attaquant choisit un prétexte, par exemple une relance de facture impayée.
- Le modèle génère les variantes : « Relance facture n°2024-0847 », « Suite à notre échange du 12 mars : facture en attente », « Règlement urgent : votre compte présente un solde impayé ».
- Le corps du message, la signature et les formules de politesse varient d’un email à l’autre.
- Les liens changent aussi : domaines jetables, redirections, paramètres uniques, hébergements renouvelés en quelques heures.
Pour un filtre qui reconnaît des signatures connues, aucune variante ne ressemble à une autre. Les filtres apprennent d’une variante quand l’attaque qui l’utilisait est déjà terminée. L’analyse du comportement (« cette demande est-elle cohérente avec les habitudes de l’expéditeur ? ») garde une efficacité partielle ; le reste dépend des personnes qui reçoivent l’email.
ClickFix : la fausse boîte de dialogue qui fait exécuter le malware
Décrite par Proofpoint en 2024, la technique ClickFix s’est répandue en 2025 et vise aussi bien les particuliers que les entreprises.
- L’utilisateur visite une page compromise ou clique sur un lien reçu par email.
- Une fenêtre imite une alerte Windows, Chrome ou Microsoft Teams : « mise à jour nécessaire », « erreur de certificat », « vérification de sécurité requise ».
- Elle demande de copier une commande d’apparence anodine et de la coller dans la boîte Exécuter de Windows (Win+R) ou dans PowerShell.
- La commande télécharge et lance un logiciel malveillant : voleur d’identifiants, rançongiciel ou accès à distance.
La technique exploite la confiance dans les interfaces familières. Le salarié ne pense pas exécuter une commande malveillante : il « règle un problème informatique », comme quand le support lui demande de redémarrer son poste. Proofpoint a observé fin 2024 et début 2025 des groupes liés aux États nord-coréen, iranien et russe reprendre ClickFix dans leurs campagnes.
Un cas typique en entreprise : un responsable commercial ouvre une « proposition de partenariat » partagée sur Google Docs. Son navigateur affiche « format non pris en charge, installez le module de visualisation ». Il suit les instructions, exécute une commande PowerShell, et un voleur d’identifiants récupère en quelques instants ses mots de passe enregistrés, ses cookies de session et ses jetons d’accès à Microsoft 365.
Le spear phishing dopé à l’IA : reconnaissance automatisée, emails sur mesure
Avant 2024, préparer un email ciblé demandait des heures de recherche. Des outils combinent désormais collecte automatique et analyse par IA pour dresser un profil en quelques minutes :
- poste, ancienneté et responsabilités, tirés de LinkedIn ;
- supérieurs et collègues, déduits de l’organigramme public ;
- projets en cours, repérés dans les communiqués et les publications ;
- style d’écriture du dirigeant, imité à partir de ses posts ;
- outils utilisés, devinés à partir des offres d’emploi.
Les chercheurs Fred Heiding, Bruce Schneier et Arun Vishwanath ont mesuré l’effet de cette automatisation : 60 % des participants de leur étude se sont fait piéger par des emails générés automatiquement par IA, un taux comparable à celui des emails écrits par des experts humains, et l’automatisation réduit le coût d’une campagne de plus de 95 % (Harvard Business Review, mai 2024).
Exemple : l’attaquant vise le directeur financier d’une ETI industrielle. L’IA collecte son nom et son poste, le nom du PDG, un communiqué récent sur une acquisition et le nom du cabinet d’avocats cité dans la presse spécialisée. Une minute plus tard, l’email est prêt :
De :
marc.dupuis@cabinet-lhermitte.fr(domaine imitant celui du vrai cabinet) Objet : Finalisation acquisition MecaParts, documents à signerBonjour [Prénom],
Suite à l’appel de ce matin avec [Nom du PDG], je vous transmets les documents finaux pour la signature. Nous devons boucler avant vendredi comme convenu.
Merci de les signer électroniquement via le lien sécurisé ci-dessous.
Aucune faute, aucune incohérence, des faits réels. Un filtre n’a aucune raison de le bloquer.
Deepfakes vocaux et vidéo : l’usurpation en temps réel
Trois formes, une même cible : la confiance
- Le deepfake vocal, le plus utilisé contre les entreprises. Dans un test publié par McAfee (rapport The Artificial Imposter, mai 2023), trois secondes d’audio ont suffi à produire un clone ressemblant à 85 % à la voix d’origine. Certains outils transforment même la voix en direct, pendant que l’attaquant parle.
- Le deepfake vidéo : un modèle remplace en temps réel le visage de l’attaquant, filmé par sa webcam, par celui de la personne imitée, et le flux est envoyé dans Teams, Zoom ou Google Meet. Ces outils fonctionnent sur du matériel grand public.
- L’image truquée : faux profils LinkedIn pour la prise de contact, faux papiers d’identité pour ouvrir les comptes qui recevront les fonds, faux justificatifs.
Où trouver la voix et le visage de votre PDG ? Dans une interview sur YouTube, une conférence, un podcast, une vidéo LinkedIn ou le message d’accueil de son répondeur.
Les cas documentés
- Royaume-Uni, 2019 : le dirigeant de la filiale britannique d’un groupe énergétique allemand vire 220 000 euros vers un prétendu fournisseur hongrois après un appel où il reconnaît l’accent et le ton de son PDG. C’est l’un des premiers cas publics de fraude par voix clonée.
- Arup, 2024 : la visioconférence entièrement truquée décrite en introduction, 25,6 millions de dollars.
- WPP, mai 2024 : des fraudeurs organisent une réunion Teams avec une voix clonée et des images du PDG Mark Read, tirées de vidéos publiques, pour soutirer de l’argent et des informations personnelles à un responsable d’agence du groupe. La tentative échoue.
- Ferrari, juillet 2024 : un cadre reçoit des messages WhatsApp puis un appel imitant la voix du PDG Benedetto Vigna. Il pose une question que seul le vrai PDG pouvait connaître ; l’interlocuteur raccroche (Bloomberg, 25 juillet 2024).
Ce que cela change pour vos procédures
La fraude au président reposait sur l’email ; un salarié vigilant rappelait le dirigeant pour vérifier. Avec les deepfakes, l’appel vient confirmer l’email (« je vous appelle au sujet du message que je vous ai envoyé »), la voix reconnue fait taire le doute, et la visioconférence passe pour la preuve ultime. Teams, Zoom et Meet n’authentifient pas le flux vidéo : rien ne distingue une image réelle d’une image fabriquée.
Conséquence directe : reconnaître une voix ou voir un visage ne prouve plus l’identité. Si votre procédure de virement repose sur « le directeur financier a confirmé par téléphone », elle est vulnérable. Les indices visuels d’un deepfake (lèvres décalées, contours du visage qui se déforment, regard figé) existent, mais ils sont inconstants. La vérification doit être procédurale.
WormGPT, FraudGPT, GhostGPT : l’IA au service des cybercriminels
Pendant que les éditeurs de modèles ajoutent des garde-fous, un marché parallèle prospère. WormGPT est apparu en juillet 2023 sur les forums criminels, construit sur le modèle open source GPT-J et entraîné pour le phishing et le malware. Son créateur l’a fermé un mois plus tard après sa médiatisation, mais les copies se sont multipliées. FraudGPT, apparu le même été, était vendu par abonnement sur Telegram. GhostGPT, repéré par Abnormal Security en janvier 2025, se présente comme un assistant sans filtres ni journaux, accessible sans aucune compétence technique.
Ces outils rédigent des emails en français parfait, clonent des pages de connexion (Microsoft 365, Ameli, impots.gouv.fr), écrivent des scripts d’appel pour le vishing et produisent des variantes de code malveillant. Le NCSC britannique estimait dès janvier 2024 que l’IA allait accroître le volume et l’impact des cyberattaques et abaisser la barrière d’entrée pour les cybercriminels débutants. Pour les PME, la conséquence est simple : l’effort d’une attaque ciblée devient rentable même contre une entreprise de 20 personnes.
Le shadow AI : un risque qui vient de l’intérieur
L’IA crée aussi des failles côté défense. Sans politique d’usage, les salariés se servent d’outils grand public pour rédiger un email client, résumer un contrat ou reformuler un rapport financier, et y collent des données réelles : fichiers clients, chiffres d’affaires, évaluations RH, code source. Selon les conditions d’utilisation, ces données peuvent rester dans l’historique, dans les journaux du fournisseur ou servir à l’entraînement de modèles.
Deux risques en découlent. Un compte d’IA piraté livre à l’attaquant tout l’historique des conversations : vocabulaire interne, projets, relations entre collègues, de quoi préparer une attaque d’ingénierie sociale très crédible. Et l’entreprise reste responsable, au sens du RGPD, des données personnelles ainsi transmises.
Interdire sans proposer d’alternative pousse l’usage dans l’ombre. Il vaut mieux autoriser explicitement des outils validés, lister les catégories de données qui ne doivent jamais quitter l’entreprise, et expliquer ces règles en quelques minutes à chaque équipe.
Pourquoi la formation « cherchez les fautes » ne suffit plus
La plupart des programmes de sensibilisation reposent encore sur des indices visuels.
| Conseil classique | Pourquoi il échoue en 2026 |
|---|---|
| « Vérifiez les fautes d’orthographe » | L’IA écrit mieux que la plupart des salariés |
| « Méfiez-vous des emails en anglais » | Les attaques arrivent en français natif |
| « Le logo est flou ou déformé » | Les kits de phishing réutilisent les vrais éléments graphiques |
| « L’email crée un sentiment d’urgence » | Les emails légitimes aussi (relances, échéances, incidents) |
| « Survolez le lien pour voir l’URL » | Les liens passent par des domaines légitimes compromis ou des raccourcisseurs |
| « Vous reconnaissez la voix au téléphone » | Une voix se clone à partir de quelques secondes d’enregistrement |
Ces indices supposaient un phishing détectable à l’œil. Ils restent utiles en complément, mais la défense doit passer de la détection à la vérification. Pour aller plus loin sur les limites d’un module en ligne isolé, lisez notre comparaison formation cybersécurité ou simulation de phishing.
Adapter les procédures et la sensibilisation
Quatre réflexes à installer
- Toute demande financière ou de données sensibles se confirme par un second canal. Virement, changement de RIB, envoi d’un fichier confidentiel : le salarié rappelle l’expéditeur supposé à un numéro qu’il connaît déjà, jamais celui fourni dans le message. Un attaquant peut cloner une voix ; il ne peut pas détourner un rappel vers le numéro de l’annuaire.
- L’urgence déclenche une vérification. « Avant 17 h », « avant la clôture comptable » : plus la demande presse, plus elle mérite un contrôle.
- Une page web ne fait jamais exécuter de commande. Copier une commande dans PowerShell, le terminal ou la boîte Exécuter à la demande d’un site, c’est une attaque ClickFix.
- On passe par le service, jamais par le lien. Une alerte Microsoft se vérifie en se connectant soi-même au portail ; un remboursement Ameli, en ouvrant ameli.fr dans le navigateur.
Un protocole anti-deepfake pour les équipes sensibles
Pour la direction, la finance, les RH et l’informatique :
- un mot de code convenu en face à face, jamais par email ni messagerie, changé régulièrement et demandé avant toute action sensible lors d’un appel ou d’une visioconférence ;
- une question personnelle à laquelle seul le vrai interlocuteur peut répondre, comme chez Ferrari ;
- le rappel systématique au numéro enregistré, même après une visioconférence ;
- pour les virements et les changements de coordonnées bancaires, une validation par deux personnes et par deux canaux distincts.
Une démonstration marque plus qu’une consigne : avec l’accord du dirigeant, faites entendre en réunion un clone de sa voix. Quand l’équipe entend son patron prononcer une phrase qu’il n’a jamais dite, le réflexe de vérification s’installe.
Des simulations au niveau des attaques actuelles
Un programme qui envoie des emails truffés de fautes ne prépare pas aux attaques de 2026. Les campagnes de simulation de phishing doivent reproduire des emails sans faute, personnalisés (nom, service, manager), sur des prétextes tirés de la vie réelle de l’entreprise, et les autres vecteurs (téléphone, SMS, QR codes) méritent au moins un exercice ou une démonstration. L’objectif est d’exposer les équipes aux techniques réelles pour rendre la vérification automatique. Le travail dans la durée paie : selon KnowBe4 (Phishing by Industry Benchmarking Report 2025), le taux de clic moyen passe de 33,1 % à 4,1 % après 12 mois de simulations et de formation. Pour bâtir ce programme, suivez notre plan de sensibilisation sur 12 mois.
Ce que fait nophi.sh
nophi.sh travaille sur les personnes qui reçoivent les emails.
Les simulations passent par l’email : 80 scénarios en français et en anglais, sur trois niveaux de difficulté et 16 catégories (fraude au président, changement de RIB, factures, Microsoft 365, Teams et SharePoint, DocuSign, livraison, impôts), sans fautes grossières. Vous pouvez écrire vos propres modèles à partir de ce que vos équipes reçoivent : un email contextualisé à votre entreprise reproduit bien ce que produit un attaquant équipé d’un modèle de langage. Les fausses pages de connexion (Microsoft 365, Google Workspace, page générique) ne conservent jamais les mots de passe saisis.
Quand un collaborateur reçoit un vrai email douteux, il le transfère à l’adresse nophi.sh de l’entreprise (ou utilise le bouton Signaler de Microsoft 365 relié à cette adresse). L’analyse IA lui renvoie un verdict motivé, en général en une à deux minutes, et vos contacts sécurité sont alertés. Le doute devient une action, sans solliciter l’équipe informatique pour chaque faux positif.
Après un clic en simulation, le salarié voit une explication de 3 minutes sur la technique utilisée, puis une formation courte lui est assignée, avec relances avant l’échéance et escalade au manager. Le constructeur de cours permet d’ajouter vos propres contenus, par exemple votre procédure de rappel ou l’affaire Arup.
Pour la fraude vocale et vidéo, le protocole de vérification décrit plus haut et un exercice sur table restent les bons outils.
Checklist : protéger votre entreprise contre les attaques IA
Cette semaine :
- Vérifiez votre configuration email : SPF, DKIM et DMARC mal réglés facilitent l’usurpation de votre domaine. Notre test de sécurité email donne un diagnostic gratuit en quelques secondes.
- Mettez à jour vos procédures de virement : toute demande de virement ou de changement de RIB se confirme par téléphone, à un numéro connu.
- Bloquez PowerShell pour les utilisateurs standards, ce qui neutralise ClickFix.
Ce mois-ci :
- Lancez une simulation de référence pour mesurer le taux de clic actuel de vos équipes.
- Remplacez la consigne « cherchez les fautes » par des réflexes de vérification.
- Instaurez le protocole anti-deepfake : mot de code, contre-appel, double validation au-delà d’un montant défini.
- Écrivez une politique d’usage de l’IA : outils autorisés, données interdites.
Ce trimestre :
- Installez un rythme de simulation régulier, avec des scénarios au niveau des attaques IA.
- Formez la direction, cible prioritaire du spear phishing et des deepfakes.
- Faites l’inventaire de ce qui est public sur vos dirigeants (voix, vidéos, organigramme) : chaque élément nourrit une attaque.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un deepfake ?
Un deepfake est un contenu audio, vidéo ou image généré ou modifié par intelligence artificielle pour reproduire de manière réaliste la voix, le visage ou les expressions d’une personne réelle. Le mot associe deep learning (apprentissage profond) et fake (faux). En entreprise, les deepfakes servent surtout à renforcer la fraude au président : un appel ou une visioconférence vient confirmer un faux email.
Comment distinguer un email de phishing rédigé par IA d’un email légitime ?
Les fautes et les formulations maladroites ont disparu. Les signaux fiables sont ailleurs : l’adresse et le domaine de l’expéditeur, la destination réelle des liens, et surtout le processus. Une demande de paiement, de changement de RIB ou de données sensibles qui arrive par un canal inhabituel se vérifie par un autre canal, quel que soit le style du message.
Trois secondes d’audio suffisent-elles vraiment à cloner une voix ?
Dans un test publié par McAfee en 2023, trois secondes d’audio ont suffi à produire un clone ressemblant à 85 % à la voix d’origine, et quelques fichiers de plus ont permis d’aller au-delà. Une interview, un podcast ou une vidéo LinkedIn fournissent largement ce matériel. Les dirigeants dont la voix est en ligne sont les plus exposés.
Comment détecter un deepfake vidéo pendant un appel Teams ou Zoom ?
À l’œil, de façon peu fiable : synchronisation labiale approximative, contours du visage irréguliers lors des mouvements, regard peu naturel. Ces indices peuvent éveiller un doute, sans plus. La méthode qui fonctionne est procédurale : toute demande sensible faite en visioconférence se confirme par un second canal, par exemple en rappelant la personne au numéro de l’annuaire interne.
Qu’est-ce qu’une attaque ClickFix et comment s’en protéger ?
ClickFix est une technique d’ingénierie sociale apparue en 2024 : une fausse alerte demande à l’utilisateur de copier-coller une commande dans la boîte Exécuter de Windows ou dans PowerShell pour résoudre un problème. La commande installe un logiciel malveillant. La protection combine une règle simple (on n’exécute jamais une commande proposée par une page web) et le blocage de PowerShell pour les utilisateurs standards.
Le shadow AI représente-t-il un risque de conformité RGPD ?
Oui. Quand un salarié colle des données personnelles de clients ou de collègues dans un outil d’IA externe non validé, l’entreprise reste responsable de ce traitement. En cas de contrôle de la CNIL ou de fuite, elle ne peut pas se retrancher derrière l’initiative individuelle. Une politique d’usage écrite et une formation courte réduisent ce risque.
Comment nophi.sh aide-t-il face au phishing généré par IA ?
Les collaborateurs transfèrent tout email suspect à nophi.sh, qui renvoie un verdict motivé, en général en une à deux minutes, et alerte les contacts sécurité. Les simulations par email (80 scénarios en français et en anglais, et vos propres modèles) reproduisent des prétextes réalistes, et une formation courte est assignée automatiquement après un clic.